Sadique Mais Bon

Publié le par Kevin-J.

 

SMB IRLOctobre 2008, un petit jeu de plateforme en flash, programmé dans une cave sombre et malodorante par deux ahuris aussi sadiques que géniaux, fait son apparition sur la toile, ne laissant en rien présager des désastres qu'il allait provoquer. Le résultat de cette petite bombe vidéoludique : de nombreux claviers brisés de rage, des tombereaux d'insultes envers des mamans innocentes, et même quelques suicides de joueurs dépités par leurs piètres performance. Cependant, le pire était passé. Du moins le pensions-nous jusqu'à ce beau jour d'octobre 2010, lorsque les sieurs Mc Millen et Mc Entee décidèrent de récidiver en lâchant sur le monde une suite à leur maléfique rejeton, le fort intelligemment nommé Super Meat Boy.

 

Avant d'entrer plus avant dans l'analyse de ce chef d'oeuvre du jeu de plateforme, parangon du genre et sûrement meilleur de sa catégorie depuis la suprématie 8 bit du plombier à moustache, parlons un peu de la genèse de ce projet. Suite au succès retentissant de Meat Boy sur les diverse plateforme de jeux en flash disponible sur le net (vous pouvez d'ailleurs vous y essayer ici), Edmund Mc Millen et Jonathan Mc Entee décidèrent de harceler la firme au gros N afin d'obtenir un kit de développement pour la Wii. Après moult demandes, menaces, chantage et tentatives de corruptions diverses, nos deux compères obtinrent finalement gain de cause, et commencèrent à développer ce fameux Super Meat Boy. Au programme, plus de trois cent niveaux différents issus de leurs esprits délabrés par des années de Ghoul's n Ghost, Mario Bros 2 (l'original, pas l'affreux remake européen honteusement pompé sur Doki Doki Panic) et autres Mega Man. Dès 2009, ils intègrent à leur projets de nombreux guest de qualités, issus de divers jeux indépendants, comme Tim, le personnage de Braid, le Commander Video descendu tout droit de la série des Bit.Trip ou encore, plus récemment (et uniquement pour les acheteurs PC et Mac), le capitaine Viridian tout droit sorti de VVVVVV. C'est en Février 2010, à l'occasion d'un Tweet sur le compte officiel du jeu, que nos deux amis annoncent la sortie de leur titre sur Xbox Live Arcade, pour la plus grande joie des possesseurs de la console au X verdâtre. La version PC et Mac de la bête devrait pour sa part voir le jour d'ici le 30 de ce mois.

IntroSMB

Mais, me direz-vous, c'est bien beau de parler de Super Meat Boy, mais c'est quoi exactement. Et vous auriez raison. Commençons par l'histoire de ce fantastique jeu. Et accrochez-vous bien, car ce jeu vous propose tout de même d'incarner un petit tas de viande, sorte de steak haché vivant, et emplis d'amour pour la charmante Bandage Girl, un être à la croisée du pansement et de la protection pour demoiselle. Leur idylle était parfaite, madame épanchant les besoin de notre héros, jusqu'à ce que le grand méchant de service vienne mettre le désordre avec ces gros sabots. Son nom? Le Docteur Festus, une sorte d'embryon flottant paresseusement dans un bocal de liquide amniotique, le tout enveloppé d'un costard du plus bel effet, et portant le monocle avec la classe la plus distinguée. Privé de sa belle, sévèrement rossé par ce bon docteur, notre petit bout de viande adoré part alors à la recherche de sa dulcinée, paré à affronter scies circulaires, tas de sel, lacs de sang et autres lasers, missiles et tutti quanti.

 

SMBPanEt croyez-le ou non, ça ne va pas être une sinécure de se sortir vivants des niveaux concoctés par les deux macs. Si le jeu commence facile, bien vite, vous allez vous y reprendre à cinq, dix ou cinquante fois pour passer les pièges tous plus sadiques les uns que les autres qui vous y attendent. Principe de base du jeu : le saut. Plus précisément, le saut outrancier, millimétré au possible, avec rebond, accéléré ou non, bref, le saut dans tous ses états. Basés sur la verticalité, les différents niveaux vous demanderont en effet de monter (parfois de descendre aussi, mais bon, on va pas chipoter) délivrer votre belle, pour mieux vous la faire dérober par le lâche Festus, vous envoyant ainsi au turbin dans le niveau suivant, rappelant ainsi Mario se la mettant derrière l'oreille à chaque château terminé. Et que dire des niveaux ponctuant la fin de chaque monde. S'articulant comme un bossfight ou vous n'avez pas d'autre solution que de fuir (notre ami bout de viande n'ayant malheureusement pas d'autre possibilité que de sauter et d'envoyer des gerbes de sangs un peu partout, un possible hommage au chevalier noir de Sacré Graal) Un principe simple en somme, tout comme un objectif relativement simple à atteindre pour peu que vous vous armiez d'un brin de patience et que vous ne possédiez pas deux mains gauches. Là ou les devs ont fait fort, c'est en implémentant le système du A+. Et dieux que cette mention est parfois dure à atteindre, tant elle requiert une connaissance parfaite du niveau, une dextérité quasi-diabolique (surtout à la fin) et des nerfs d'acier. Car voyez-vous, cette mention ne s'obtient qu'en finissant le niveau en dessous d'un certain temps. Pour l'obtenir, vous devrez donc être aussi leste qu'habile. Un calvaire parfois. Pour pimenter encore un peu plus la chose, et pour plaire au plus hardcore d'entre nous, il existe aussi un Dark World, pendant maléfique du monde normal, ou chaque niveau gagne encore plus en difficulté et en sadisme. Autant dire que si le monde normal vous pose déjà des problème, n'imaginez même pas aller faire un tour dans celui-ci, sous peine de perdre les derniers points de santé mentale qu'il vous reste. Véritable hommage aux plateformer de l'ère 8 bits, à l'époque où la sauvegarde automatique (voir la sauvegarde tout court) n'était qu'un doux rêve, Super Meat Boy s'inspire de la sacrosainte philosophie du Die and Retry pour se placer comme l'un des meilleurs jeux de plateforme de tous les temps.

 

Je pourrai alors m'arrêter là, mais ce ne serait pas faire honneur à ce monument, car il recèle encore de nombreuse chose dont je dois vous parler. Mais je vais tout d'abord en profiter pour faire une pause et saluer le courage de ceux ayant défié ma prose jusqu'ici. Mais revenons à nos moutons. Car au-delà du simple plaisir masochiste que l'on éprouve à mourir encore et encore en s'extasiant devant les trouvailles des créateurs de Super Meat Boy, vous pourrez trouver de nombreux challenges à relever. En premier lieu, chaque monde du jeu recèle plusieurs Warpzone à découvrir. Et les découvrir sera déjà une mission en soit, car pour rajouter à la difficulté, Mac & Mac ont cru bon de les faire disparaître au bout d'un moment. Soyez donc vif pour les atteindre, et vous retrouver ainsi propulser dans des univers magnifiquement réalisés. Rien que dans le premier monde, vous pourrez ainsi jouer à des versions Nes et Gameboy de Super Meat Boy, avec habillage graphique et sonorités d'origine. Un régal pour les yeux et les oreilles de l'amateur de pixel que je suis. Mais ce n'est pas tout, car certains niveaux possèdent aussi en leur seins de petits pansements à collecter, et ne croyez pas que les ramasser suffira à les obtenir. Non, évidemment que non. Pour les conserver, vous devrez terminer le niveau sans mourir. Et comme vous pouvez vous en douter, le chemin pour les obtenir ressemble à un parcours du combattant. Et ces pansements me direz-vous alors, pourquoi me casserai-je les noix à aller les chercher. Eh bien pour le plaisir simple de gagner de nouveaux personnages jouables, des personnages issus, comme je l'ai dit plus haut, de jeux indépendants tous plus connus les uns que les autres, et profitant pour l'occasion de capacités spéciales, comme le fait de pouvoir flotter en l'air quelques instants, de coller aux murs, ou bien de remonter le temps, modifiant ainsi la façon d'appréhender chaque niveau.

FuckFest

Vous l'aurez compris, Super Meat Boy est un jeu qui en a. Du contenu tout d'abord, avec ses nombreux niveaux, ses personnages cachés et ses warpzones. Des qualités ensuite, avec ses graphismes HD fins et détaillés, son gameplay au poil et ses nombreuses références (lisez les noms de chaque niveau et vous comprendrez. Du challenge enfin, avec sa difficulté fort bien dosée, ses pièges aussi vicieux que jouissifs et ses niveaux au design léché jusque dans ses moindres détails. Pour conclure, sachez que ce jeu est sans doute l'une des plus grande réussite de l'année passée, voir de l'année à venir. Et ce ne sont pas les nombreux prix qu'il a déjà amassé qui me contrediront. Donc, si vous aimez la plateforme, les vieux pixels, les références à outrance et les gameplay qui ne vous lâchent pas (dans le sens ou si vous mourrez, ce n'est pas la faute du jeu mais et bien la votre), foncez droit sur votre plateforme de téléchargement préférée (sauf le PSN, désolé), et emparez-vous de ce bijou signé par la Team Meat.

 

SMB GameOver

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Publié dans Le poids des mots...

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benj 13/01/2011 00:25


Et moi qui hésitais à le prendre !


La Traversée du Stick 13/01/2011 17:53



Fonce sans aucun problème mon p'tit père!