Réinventer la roue avec panache !

Publié le par Alvin

Je ne sais plus si je vous l'ai déjà confessé mais j'ai profité de ce début d'année, et du treizième mois que je n'ai pas, pour faire l'acquisition d'une Playstation 3, alors même que je possède déjà une Xbox 360. Je ne vous l'avais pas dit ? Soit, maintenant vous savez.

 

Vous savez également que Sony a lancé il y a quelques mois un service optionnel payant pour sa plateforme de jeu en ligne gratuite au doux nom de Playstation Plus. Et vous avez bien évidemment compris qu'en bon habitué du Xbox Live payant, je me suis fais avoir avec cette option sympathique, certes, mais pas trop non plus. Le principal intérêt du PS Plus est en effet de récupérer pour environ six euros mensuels, selon le principe ancestral de la pochette surprise, tout un lot de contenu gratuit dont la valeur totale est supérieure à l'investissement inital. Un jeu PSN, 2 jeux mini et un jeu PSone ainsi que des réductions sur le store sont offertes, mais aussi des accès anticipés aux démos, bêta-test et certains jeux... mais ça n'est pas le propos.

 

J'ai donc souscrit au PS Plus hier soir et obtenu, par la même occasion, un jeu PSN dénommé Shatter, dont j'ignorais jusqu'à l'existence auparavant. Les plateformes téléchargeables pullulent, vous le savez, de clones en tous genres de jeux en tous genres et, sous prétexte que ça n'est pas vendu cher, on essaie de nous fourguer un peu n'importe quoi. Malgré toute la sympathie que l'on puisse avoir pour les petits développeurs, il n'y a rien de plus ennuyeux que de se faire spammer à propos d'un jeu de sudoku révolutionnaire sur le thème des poissons tropicaux des côtes sud-africaines vendu 200 Nintendo Points exclusivement sur DSiWare.

 

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A l'allumage, donc, Shatter se présente comme un clone d'Arkanoid comme tant d'autres avec un thème moderno-futuriste coloré et des musiques électroniques en fond. Déception donc, mais l'on va quand même renvoyer la baballe vu que c'est gratuit de toute façon. En fait, le jeu dévoile rapidement quelques subtilités et ne se contente finalement pas de cloner Arkanoid : vous allez me dire que c'est le minimum syndical mais ça suffit à m'étonner, tout le monde ne s'en donne pas la peine. En effet, le vaisseau que l'on contrôle ne se contente pas de repousser la balle, il peut également aspirer, pour collecter les bonus libérés par les blocs, mais également repousser des éléments qui flotteraient aux alentours ce qui a des conséquences sur la trajectoire de la balle. La possibilité de modifier en direct la trajectoire de la balle est un plus sérieux, d'autant que les niveaux ne sont pas simplement verticaux puisque certains tableaux sont même circulaires.

 

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Bref, Shatter a une bonne idée, une bonne réalisation façon Shmup, une bonne piste musicale (90 minutes d'electro originale qui s'écoute bien, c'est assez rare pour être souligné), n'est pas vendu trop cher... Bref, l'essence même du petit jeu téléchargeable indépendant, qui réinvente avec talent une recette éprouvée (l'habituel combo un truc qui nous parle à tous + petite innovation qui va bien sans dénaturer = profit ! évoqué précédemment). Vous avez remarqué les mots en gras ? C'est bien là que se trouve le problème. Durant ma partie, je me disais "oh qu'il est bien ce jeu indé quand même". Indé est devenu un label suscitant immédiatement la sympathie , un peu comme quand Artisinal est marqué sur le moindre produit alimentaire.

 

Indé, Artisanal, des labels qui font que l'on a un petit pincement au coeur quand on l'achète, parce que l'on fait une bonne action pour un pauvre petit écrasé par la grosse et méchante industrie et parce qu'on le imagine déjà un bon gout frais, authentique dans sa bouche. Malheureusement, comme le dirait ce grand philosophe nommé Karl Zero, méfiez vous des contrefaçons !

 

Si Shatter ne se promeut pas trop comme un jeu indépendant sur le Playstation Store, il est bien catalogué comme tel sur Steam. Il est développé par Sidhe, un studio qui ne doit rien vous dire, normal, c'est un indépendant. Après une simple recherche Wikipedia pourtant, on découvre qu'il s'agit tout de même d'un gros studio. Du genre, le plus gros studio Néo-Zélandais, avec tout de même 120 employés au compteur. Qu'ils n'ont pas fait d'énormes hits certes, mais sont quand même à leur quatrième simulation de Rugby, qu'ils ont bossé sur les jeux Speed Racer, Madagascar, Jackass... Costaud le petit studio indé quand même. Certes, il n'appartient pas à un éditeur mastodonte mais tout de même, on est loin de la Team Meat...

 

La confusion entre indépendant et artisanal reste malheureusement très fréquente et savemment entretenue pour la sympathie qu'elle suscite. Tout ce qui sort sur les supports de téléchargement et ne provient pas d'un éditeur installé est pourtant catalogué comme un jeu indé, à tort, puisque cela arrange tout le monde. Il serait sans doute temps de se pencher sur le problème, et faire la différence entre jeu auto-financé et jeu indépendant, au sens "un ou deux mecs en caleçon qui codent un truc novateur". Faire la différence entre les deux n'est malheureusement pas toujours évident et le problème n'a, semble-t-il, pas encore ému assez de monde pour que ça soit fait.

 

Shatter est sorti le 23 juillet 2009 sur PS3 au prix de 5,99€ sur le PSN et le 15 mars 2010 au prix de 7,99€ sur PC avec quelques modes supplémentaires. Le mode solo dure deux heures au mieux et est assez facile. Sidhe n'a pas sorti de démo, aussi, mieux vaut attendre qu'il soit en promo sur Steam pour un éventuel achat.

Publié dans Le poids des mots...

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Geaz 16/01/2011 17:59


Acheté 2€49 sur Steam pendant les promos, je confirme bon petit jeu mais mode deux joueurs decevant -> pas moyen de jouer l'un contre l'autre :'(