Attention, ce flim est un flim sur les jeux vidéo...

Publié le par Kevin-J.

Et oui, en ce dimanche je vais vous parler de l'un des marronniers du jeu vidéo, l'inénarrable relation entre jeux vidéo et cinéma. Pour aujourd'hui, je me contenterai de dresser un panorama des adaptations de jeux vidéo en films. Plus tard, je vous livrerai un petit florilège des adaptations inverses, à savoir les bouses vidéoludiques dont nous à gratifié l'industrie cinématographique. Eteindez les lumières, et commencez le spectacle...

 

 

Les pionniers : vive les années 90

 

Comme pour tous les phénomènes, il faut bien un commencement. Dans ce cas, il s'agit de l'année 1993, et de l'adaptation sur grand écran de Super Mario Bros. Comme dans le jeu, on retrouve deux frères plombiers aux accents ritals. Comme dans le jeu, Bowser est le grand méchant, et il à enlevé un jeune fille en fleur (pas une princesse, mais une charmante archélogue). Comme dans le jeu, on retrouve Yoshi, Toad et des Goombas. Par contre, la cohérence de l'ensemble, comme l'on pouvait s'y attendre, laisse sérieusement à désirer. Car les deux frères Mario (c'est là leur nom de famille), sont des plombiers vivant dans un Manhattan contemporain, qui se retrouvent bien malgré eux catapultés dans un univers parallèles sur lequel règne le vilain Bowser, qui n'à rien d'un dinosaure malfaisant, vu qu'il est à l'écran représenté par un Dennis Hopper bien loin d'Easy Rider. Univers cybepunk, hommes régressant à l'état de dinosaures, ce film propose tout un tas de choses intéressantes, mais bien loin des aventures du père Mario. Et le public ne s'y trompera pas, puisque le film, crée en grande partie pour les enfants, s'adresse en réalité à des adultes. Adaptation raté certes, mais bon film quand même, que l'on prendra toujours plaisir à regarder.  

 

L'année suivante, deux autres adaptations débarquaient sur les grands écrans. La première, devenue culte depuis, nous mettait face à un Jean-Claude Van Damme très crédble en Guile, dans une adaptation foutraque de Street Fighter 2. Valant surtout pour la représentation des personnages de la saga (avec quand même une Cammy "interprétée" par Kylie Minogue) et son non respect le plus total du background scénaristique de la série (portant pas bien lourd à la base), ce film enchaîne les phases de fan service, pour finir dans un déluge de caméo aussi bref que dispensable. Il est à noté qu'en 1993, un film Hongkongais nommé Future Cops reprenanit déjà les personnages de la saga(t) sans pour autant être une adaptation officielle.  Cette même année 1994 a aussi vu naître une adaptation qui n'a pas marqué les esprits. Double Dragon, puisqu'il s'agit de cela, nous contait l'histoire d'un vilain pas beau, Koga Shugo, qui tente de retrouver un médaillon magique pour s'assurer la domination d'un monde ravagé par le "Big One", un tremblement de terre gigantesque. Heureusement, deux frères, Billy et Jimmy Lee vont s'opposer à lui. Enchaînement de bastons, personnages insipides et maquillages outranciers font de ce film une ringardise innommable. Allez outs, poubelle. 

Passons maintenant à 1995, avec un semi échec. Mortal Kombat. deuxième adaptation de jeu de baston, ce film est beaucoup plus acceptable que Street Fighter 2. Si son scénario tient sur un ticket de métro plié en deux ("oh non, le frère du héros à été tué par un méchant sorcier qui veut dominer le monde..."), ce film assume complètement ce qu'il est, à savoir un prétexte à de longues bastons entre les différents protagonistes. A noter l'excellente prestation de Christophe Lambert en Rayden, un super dieu de la foudre à cheveux blancs. 

ChristopheLambert

T'as de beaux yeux tu sais...

Terminons cette décennie avec deux autre films. La suite de Mortal Kombat, qui voit le jour en 1997, et qui prend place directement après son prédécesseur. Notre troupe de joyeux drilles, sortis victorieux du tournoi, se trouvent alors confrontés à la fureur de l'empereur des ténèbres en personnes, et vont devoir le renvoyer fissa, et à grands coups de pompes dans le train dans son Outremonde natal. Vite vu, vite oublié. Ce qui nous emmène en 1999, avec la sortie de Wing Commander, adaptation du jeu de stratégie du même nom. Film de science fiction correct, il reprend avec justesse les codes du jeu tout en réussissant à s'en détacher. Si vous aimez les vaisseaux et l'espace, foncez, car ce film vous fera passer un bon petit moment. Les années 90 se terminent, et à ce moment là, nous ne nous doutons pas encore qu le pire est à venir.

 

 

Les années 2000 et l'ère du grand n'importe quoi

 

 

Ces années vont voir, en parallèle à l'essor du jeu vidéo comme média de masse, fleurir les adaptations. Normal me direz-vous, car les producteurs ne sont pas fous. Si un jeu marche du tonnerre, pourquoi ne pas en faire un film pour que les gogos aillent le voir. Et tant pis si la qualité s'en ressent.

Le bal s'ouvre donc en 2001 avec l'adaptation de Tomb Raider. Sa suite verra d'ailleurs le jour un an plus tard. Incarnée par une Angélina Jolie à ses débuts, la belle archéologue se démène dans deux aventures pas franchement désagréables. Action et aventure s'y mêlent de manière plaisante, même si le premier épisode reste infiniment meilleur que sa suite. 

DOAFilm

Pourquoi s'ennuyer avec un scénario?

S'en suit une série de film parfaitement oubliable, concernant bien souvent  des jeux de bastons, comme les abominaffreux Tekken, Dead or Aliveet autre Street Fighter (la légende de Chun Li, interprétée par Kristin Kreuk, la meuf de Smallville). Insipides au possible, se contentant, dans le meilleur des cas de nous montrer une série de combat sans queue ni tête, et ne respectant en aucun cas les jeux dont ils sont tirés. En dehors de cal, nous avons aussi eut le privilège de voir devant nos yeux ébahis s'étaler un Doom regardable uniquement pour ses quelques minutes en vue subjective, ou un Prince of Persia made in Disney qui joue son rôle de film post Pirates des Caraïbes, a savoir un bon divertissement familial. Il est tout de même à retenir que ce film nous présente un prince de perse incarné par Jake Gyllenhaal. Pas très perse tout ça quand même...

Quelques tentatives sont cependant à retenir. Comme l'adaptation de Max Payne, qui sans être un chef d'oeuvre, arrive presque à atteindre la noirceur de l'original, avant de sombrer dans le grand n'importe quoi, ou encore celle de Hitman. Ce cas là est particulièrement intéressant. Si certaines libertés ont été prises avec la genèse du personnages principal, le réalisateur à du faire face à de nombreuses réticences de la part de ses producteurs, allant même jusqu'à le remplacer en cour de route pour faire de son film quelques chose de moins violent, et de plus accessible au jeune public. Je passerai sur la série des Resident Evil, tant la prestation de Milla Jovovich et des différents réalisateurs qui se sont succédés derrière la caméra est oubliable, et me donne encore, parfois, envie de me rouler en boule pour pleurer.

PyramidHead

Silent Hill, un film qui vous prend à la gorge

J'en terminerai avec ces années 2000 en évoquant sans aucun doute la meilleure adaptation jamais réalisée à ce jour (mis à part des titre comme FF7 Advent Children, mais là, c'est différent). Réalisée par Christophe Gans, à qui l'on doit aussi le pacte des loups, ce film reprend à merveille les codes du jeu. Angoisse sourde, respect de la charte graphique, scénario cohérent, tous les éléments de ce films concourent à en faire une réussite. Mais, vous dites vous sûrement à l'heure actuelle, il en à oublié. Et bien oui, mais c'est parce que les prochains films que je vais évoquer ont tous un points commun...

 

Le cas Uwe Boll

 

Uwe est un mec qui en a. Un mec qui envers et contre tout continue de faire ses films comme si de rien était. Et pourtant, Uwe est sans doute le réalisateur qui nous a livré le plus de bouses en terme d'adaptations vidéoludiques. Tout commence en 2003 par une adaptation de House of the Dead. A l'origine, ce jeu vous proposait de dézinguer du zombies à tour de bras, sur une borne d'arcade en premier lieu (avec des répliques de flingues), puis sur consoles. Chez Uwe, des jeunes gens en quête de la teuf ultime débarquent sur une île peuplée de zombis avant de se faire boulotter un par un.

UweBoll

Ca vous pose un problème?

Puis tout s'enchaîne très vite pour M. Boll. En 2005, il nous livre un Alone in the Dark What the Fuckesque (et sa suite direct to DVD en 2008) aux antipodes de l'original. En 2005 toujours, c'est Blood Rayne qui passe entre ses mains. Le jeu était oubliable, le film l'est tout autant ( a noter que le père Uwe s'accroche à ce jeu, puisque deux suite sortiront en 2007 et en 2009). En 2007, King Rising débarque. Empruntant vaguement son univers à Dungon Siege, il ne marquera les esprit que par sa nullité crasse. 2007 toujours, et Postal. Je n'en dirai pas plus à ce sujet tant ce film est un festival de non sens. En 2008 enfin, arrive Far Cry. Adaptation du FPS du même nom, ce film sombre dans l'action au rabais en faisant fi de tout ce qui le rattache à ses origines.

Mal aimé par les joueurs du monde entier pour avoir massacré de nombreuses licence, il se verra même refuser les droits de Warcraft, Blizzard craignant pour son gagne pain. Pour autant, le bonhomme ne se démonte pas et continue son petit chemin de destruction systématique des licences auquel il touche. Le pire, c'est qu'en dehors de cela, il arrive à faire de bons films, l'un de ses long métrages, Darfur, recevant un prix au Festival du Film Indépendant de New York.

 

2011, Année zéro?

 

Les adaptations de jeux vidéo au ciné sont donc devenues monnaie courantes. Et cette tendance n'est pas près de s'arrêter. En effet, dès lors que l'on traîne sur les sites d'informations spécialisés dans le cinéma, il est aisé de trouver des listes de films en préparation portant sur les licences vidéoludiques. Halo, Warcraft, Driver, Metroid, Bioshock, Just Cause, Kane and Lynch, Dead Space, Gears of War et autres Uncharted, voilà ce qui va peupler sous peu les toiles de nos cinémas. Reste juste à espérer que les réalisateurs en charge des projets, de grands noms dans certains cas, ne prendront pas les choses trop à la légère. On peut aussi s'interroger sur cette course à l'adaptation, lorsque l'on voit qu'un licence comme Asteroids à été acquise par Hollywood.

 

Asteroids

Asteroids, c'est ça...

 

Publié dans Le poids des mots...

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